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Bonichon, ce n'est pas un nom facile à porter, et toute sa vie ma tante avait souffert car ses "nichons", comme disait sa mère,  ne s’étaient jamais formés. Il n’y eut qu’un homme qui s’était intéressé à elle, mais quand il lui avait expliqué pourquoi, elle en avait blêmi. Je devrais d’ailleurs, bienséance oblige, vous le cacher, mais ma tante est morte il y a vingt ans. Je dois ajouter, pour dire toute la vérité, que moi-même j'ai hérité du même nom.

En me voyant grandir et observer mes seins avec inquiétude – les miens poussaient à la vitesse grand V – ma tante m’avait dit qu’il valait mieux en avoir que se morfondre car on n'en avait pas.

-          Regarde-moi, avait-elle ajouté, pas de seins, pas d’amant, sauf un ! Et tu veux savoir pourquoi il a voulu me connaître ?

-          Oui, dis-moi, avais-je répondu.

-          Parce qu’il était LSD.

-          LSD ?

-          Oui, Laid, Sourd et Décevant.

Je n’avais pu m’empêcher de rire. Et elle avait ajouté.

-          Profites-en ma fille, Une poitrine c’est le premier pas pour entrer dans l’église de la résurrection, non pas du culte, mais du cul, si tu vois ce que je veux dire.

Je ne voyais pas tout parfaitement, mais je me souviens avec bonheur de ce moment.

J’ai bien sûr suivi la voie qu’elle m’encourageait à suivre, et j’en suis à mon 400ème amant. Je dois vous dire que j’ai un corps vif et chaud ; quant à mon moral, il est à toute épreuve.

 

PS : photo prise dans un cimetière de la Creuse