Ecoutez, moi quand je vous ai embauchée, je ne m’attendais pas à ça ! Il va falloir revoir votre copie ! Vous avez bien caché votre jeu : un tailleur sympa, une coiffure sage, le vocabulaire branché juste ce qu’il faut, l’attitude positive façon US, le CV en béton, et tout ça pour ça. J’hallucine !  On est dans un truc complètement surréaliste, ça c’est clair.

Et qu’est-ce que je fais maintenant ? Vous avez pensé à moi ? C’est juste au moment où vous avez votre CDI que vous trouvez moyen de péter les plombs, non mais j’hallucine ! Vous trouvez que c’est normal de vous engueuler avec tout le monde et d’arriver avec un pot de fleurs sur la tête parce que c’est le premier jour du printemps ! Vous trouvez que c’est raisonnable de dire au chef de service que c’est un « connard de macho » - je cite vos mots. Vous trouvez que c’est banal de dire au patron que vous n’en avez « rien à battre » - je vous cite encore – des objectifs du directeur de l’innovation ? C’est clair que vous n’en avez rien à foutre – vous voyez vous me faites sortir de mes gonds – mais à cause de vous, je vais gicler et ça, c’est très clair aussi !

Vous me dites que vous êtes une « arracheuse de temps » et que vous voulez prendre du bon temps avec moi avant de tirer un trait sur l’entreprise ? C’est quoi encore que ces salades ? Je n’ai pas du tout envie de prendre du bon temps avec vous ! Je suis marié, père de famille, j’aime ma femme et vous ne me plaisez absolument pas. Ce que je veux c’est mon salaire à la fin du mois, atteindre les objectifs de l’entreprise et qu’on ne me fasse pas chier, c’est tout ! Bon, résumons, soit vous revoyez votre copie soit, si vous avez besoin de vous reposer un peu, vous vous faites interner. Quoi ? Vous avez déjà été internée à Sainte Anne ? Merde alors ! Pour pas grand-chose ? Ça c’est vous qui le dites ! Eh ben retournez-y à Sainte Anne, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise. Vous n’aimez pas le service où vous étiez hospitalisée ?

 Ecoutez, je suis un type plutôt patient et accommodant, mais j’ai aussi mes limites et…. mais pourquoi vous… pourquoi vous m’attachez ? Bon si vous pensez que comme ça vous serez internée plus vite, allez-y après tout ! Mais pas de bâillon, hein, pas le bâillon sinon je deviens dingue, je vous en prie. Mais pourquoi vous m’arrachez mon pantalon ! Quoi ? Vous voulez me… Putain, vous êtes vraiment cinglée vous… mais bon, si vous y tenez, allez-y, après tout, qu’on en finisse !

 

PS : retour mardi 6 novembre.