Caro voulait bousculer nos habitudes lors de nos duos. Voici donc, ci-dessous,  la photo qu'elle propose. Après son texte, voici le mien.


Corinne

 

Les gobelets

 

Cette idée de soirée était d’une nullité crasse. Pourquoi se bourrer la gueule pour parler ou s’envoyer en l’air ? Elle a fini par lui dire le fond de sa pensée et il s’est emporté.

-          N’importe quoi !

-          N’importe quoi ?

-          Oui. T’es une petite bourge.

-          Moi, une bourge ?

-          Bien sûr. Une  cérébrale qui ne sait pas sortir de ses rails.

-          Mais tu te rends compte que cette fête c’est du vide ?

-          Toi qui sais tout, au lieu de tout foutre en l’air en permanence,  milite, change de vie, fonde un parti !

-          C’est ça. En tout cas, une chose est sûre, je ne resterai pas.

-          Parfait, aurevoir.

Elle a  placé les gobelets sur la table : rose et vert de droite et de gauche, bleu foncé et bleu clair au centre.

Risible. « Il devrait y avoir ça à toutes les soirées » disait l’affiche ; ça quoi ? a-t-elle crié.

Une fois le rangement accompli, elle  s’est habillée, elle lui a jeté un dernier regard - celui de l’exilée - puis elle est partie.

Dehors il faisait froid. Le vent soufflait et la pluie avait fait son apparition. Des parapluies s’ouvraient dans la nuit, et le bonheur traçait son chemin de vie, la vraie vie, la sienne, une vie où elle ne boirait plus dans de détestables gobelets en plastique !

 

PS : prochain texte le 31 octobre.