A midi, quand j’ai sorti le gâteau du réfrigérateur, mon mari m’a dit : “ Tu vas en manger ? ”.

Je lui ai répondu : “ Ben oui, pourquoi ? ”

-          Tu as vu comment Michel l’a démoulé hier soir ?

 Je n’ai rien répliqué, mais il a enchaîné.

-          Il s’est léché les doigts à plusieurs reprises, tu ne l’as pas vu ?

-          Comment j’aurais pu ? Je n’étais pas dans la cuisine.

J’ai voulu lui dire de se taire, mais il a continué, comme s’il y prenait plaisir.

-          Tu as remarqué comment il s’est mouché pendant tout le repas ? Et il ne s’est même pas lavé les mains pour démouler le gâteau.

Je l’ai supplié de se taire, j’en avais presque la nausée. Je pensais au gâteau de marrons, nappé de chocolat chaud que, la veille, Michel avait  déposé sur la table avec un sourire satisfait. Je m’étais  tellement régalée que j’en avais même repris ; c’est pour ça qu’il me l’avait laissé.

Et maintenant, à cause de ses remarques, la consternation, l’écœurement, l’envie de vomir, là, tout de suite. 

J’ai ouvert la poubelle d’un geste brusque et j’y ai jeté le gâteau.