20170606_114703Il suffit de peu pour rêver, surtout si on file la femme qu’on aime. La dernière fenêtre au deuxième étage, c’est là qu’elle habite. Que fait-elle ?

Il se prend un pêcheur qui jette ses filets ; le poisson, c’est elle, mais elle ne l’aime pas. Elle se refuse à lui. Il est obsédé par cette femme qui pourrait s’appeler Fantasme.

L’arbre tend ses branches vers la fenêtre. Aura-t-il le courage de monter et de frapper au carreau ? Mais si elle n’est pas seule ?

Soudain il entend qu'on l'appelle et il se retourne. Elle est là, souriante, accrochée au bras d’un homme qui fait deux têtes de plus qu’elle, et donc une de plus que lui. Il lui adresse un sourire crispé. Elle lui demande.

-          Bonjour, qu’est-ce que tu fais là ?

Son visage s’empourpre et il s’enferme dans une explication stupide.

-          Oh, j’allais voir une expo d’un photographe que personne ne connaît.

-          Tu veux monter prendre un thé ?

-          Non merci.

-          Je te présente Juan, mon amoureux.

Amoureux, comme ce mot peut-être douloureux. Il sourit mécaniquement à Juan, le chanceux, et préfère s’éloigner à grands pas sans même adresser un au revoir à celle qu’il adore en silence.

 

PS : photo prise à Paris non loin de St Germain des Prés.