29 novembre 2017

Le général

Le général était un pisse-froid, sec comme une trique. On ne connaissait aucune faille au général, le général était un roc. Debout à cinq heures, exercices de 5 heures à 5 heures 25, douche froide à 5 h 30 déjeuner à 5 h 45, départ pour le quartier général à 6 h,  arrivée à 6 h 15... une partition réglée à la seconde près. Pas de place pour l’imprévu, une hygiène de vie méticuleuse, un corps d’armée qui lui obéissait au doigt et à l’œil et, pour toutes distractions, des parades militaires et des cérémonies de décoration. Le... [Lire la suite]
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27 novembre 2017

Idées

Il lui avait dit. -          Tu connais ma maxime, non ? Elle avait répondu, telle une élève connaissant bien sa leçon. -          Oui, pas d’idéaux, juste des idées hautes. L"’élève" avait 45 ans et le professeur 55. Cela faisait 20 ans qu’ils étaient mariés et elle se lassait des maximes pontifiantes de son professeur de mari. Elle savait que son humour ravissait ses étudiantes et que plus d'une avait cédé à ses avances avant... [Lire la suite]
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25 novembre 2017

85 ans

Pour les 85 ans de sa femme, il avait fait un salto arrière - involontaire - sur les cinq dernières marches de l'escalier de la cave. Au service des urgences le verdict était tombé :  une vertèbre lombaire fracturée ! Pour elle, donc, l’obligation  de s’occuper de lui pendant au moins deux mois. Joyeux anniversaire !
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23 novembre 2017

Libération

Éléonore avait été mise sous cloche depuis son mariage avec Henri de la Narcissière. Pauvre enfant,  jamais elle n’aurait dû consentir à épouser cet homme qui n’avait pour tout horizon que la classe  sociale dont il s’enorgueillissait : la noblesse.  Éléonore était l’épouse d’un comte qui ne se souciait d’elle qu’au moment de la « copulation ». Oui, je sais, ce terme vous surprendra - et peut-être même vous choquera-t-il - mais comment appeler autrement cet acte  auquel il la soumettait et qui lui... [Lire la suite]
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21 novembre 2017

Dialogue

-           Dis maman, quand on est mort, c’est pour combien de temps ? -           Ben … -           Alors ? -           Toujours ! -           C’est quoi toujours ? -           Je sais pas moi, toute la vie ! ... [Lire la suite]
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19 novembre 2017

Eclat

Ne lavez jamais vos rêves ou si vous les lavez, préférez un savon doux, à la lavande ou à la camomille. N’oubliez jamais que les lavages répétés, même à la main, risquent de donner aux couleurs originales des teintes que la mémoire ne  reconnaîtrait plus… et quand une mémoire se sent trahie, elle peut y perdre son âme.   PS : photo prise à Nancy, dans une boutique très particulière.
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17 novembre 2017

Duo de novembre

Après le texte de Caro, qui a ouvert le Duo, voici le mien, et toujours cette "Vocalise" de Rachamninov comme inducteur.   Vocalise   Tous les soirs son nouveau voisin mettait le même morceau de Rachmaninov à 20h15 ; un rituel musical qui perturbait l’écriture de son troisième roman. Intrigué par ce fanatique de « Vocalise », elle commença à épier ses allées et venues. L’œilleton fut un précieux allié. L’homme ne payait pas de mine : grand, maigre, dans les trente-cinq ans, revêtu d’un pardessus qui... [Lire la suite]
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15 novembre 2017

Duo de novembre

Pour ce nouveau duo avec Caro, du blog les heures de coton, il s'agissait de s'inspirer de "Vocalise", de Rachmaninov. Aujourd'hui vous pouvez lire le texte de Caro, le mien sera en ligne le 17 novembre.    Parle-moi. Parle-moi toujours.   Elle est là, cette petite musique, sa petite musique. Je ferme les yeux, je serre sa main comme s'il était à mes côtés. Je ne prie pas mais ma respiration s’espace. J’attends que ce qui doit être, se manifeste. A chaque événement majeur de ma vie, un souffle me parcourt, un léger... [Lire la suite]
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13 novembre 2017

Contre

A un moment donné, quel que soit le sujet abordé, elle disait toujours « Je suis contre ». Elle était contre tout et n’importe quoi : contre les femmes qui se maquillaient et contre celles qui ne se maquillaient pas, contre ses voisins qui ne lui disaient pas bonjour et contre ceux qui étaient  aimables, contre les grandes surfaces et contre les épiceries de quartier, contre la pauvreté et contre le RSA, contre les profiteurs de droite et contre les profiteurs de gauche etc. Bref, rien n’était à son goût et tout... [Lire la suite]
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11 novembre 2017

Les gants

Elle l’avait giflé avec un gant en peau de chaque couleur. Le goût du travail bien fait. -          Comme ça, ça t’apprendra les couleurs de la vie, avait-elle conclu. Lui, à tort, croyait qu’elle l’aimait ; un effet de sa grande naiveté. Allongé sur son brancard, aux urgences du CHU, il disait encore, malgré sa difficulté à articuler : une peau de vache, certes, mais quel revers, quel punch, quelle énergie !     PS : photo prise à Bruxelles.
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