20170820_190735Souvent elle se rêvait en Ophélie, sa longue chevelure blonde balayant les eaux où se reflétait le visage des fées qui s’étaient penchées sur son berceau à la naissance.

Maintenant, elle n’était plus une enfant, à 20 ans passés elle était en âge de se marier, comme toute jeune fille de bonne famille. Vierge et pure, elle attendait son prince, confiante, le cœur empli de toutes les légendes contés dans son enfance. Quelle ne fut pas sa surprise, par une belle journée d’été, de voir un jeune homme arriver dans leur propriété sur son percheron.

-          Qui êtes-vous ? lui demanda-t-elle.

-          Le prince de Montagne au Perche

-          Ce cheval est à vous ?

-          Oui, c’est mon fidèle percheron. Me feriez-vous l’honneur d’une promenade en barque ? Mon percheron nous emmènera jusqu'au fleuve.

-          Moi ? Me promener avec vous ?

-          Oui, pourquoi pas ?

-          Mais je ne vous connais pas.

-          Le fait que je sois prince ne vous suffit-il pas ?

-          Que nenni, monsieur. Mes parents n’y consentiront pas.

-          Vous n’êtes pas assez grande pour prendre votre décision seule ?

Elle le regarda étonnée. Ce prince avait des idées bizarres et, si son cheval n’avait point de grâce, lui en avait pour deux.

-          Soit, répondit-elle, allons-y.

Et ils partirent.

Personne ne sut jamais ce qui advint à la princesse. On ne la revit pas, le prince et le percheron non plus. La barque, elle, est encore amarrée à la rive. Certains disent avoir vu, par nuits de pleine lune, la princesse et le prince faire l’amour dans une barque tirée par un percheron. Mais ce ne sont que discours d’hommes avinés, ancrés au comptoir de chez Ginette

 

PS : photo prise à Tours