Il ne donnait jamais son vrai nom. Il en choisissait toujours un différent, de peur qu’on ne l’ensorcelle et qu’on installe en lui – à son insu – une caméra vidéo  qui pourrait donner à tout un chacun les moindres informations sur sa vie intérieure.

Il savait confusément que cela arriverait un jour où l'autre car le pouvoir néfaste de l’humanité était arrivé à son comble.

Sans doute était-ce la raison de sa présence dans l'unité 3 du Centre Hospitalier de Sainte Anne où un psychiatre, à bout d'arguments devant ses jérémiades,  avait fini par lui dire que le service de maintenance de sa caméra interne ne pourrait pas venir avant quinze jours...