Un matin, elle se réveilla avec l’accent américain. Au début, elle ne le remarqua  pas, c’est son mari qui le lui signala.

-          Arrête de prendre cet accent !

-          Quel accent ? répondit-elle étonnée.

-          L’accent américain !

Elle alla voir  le médecin qui se déclara impuissant. Il avait même ajouté « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. » Elle avait pensé en son for intérieur qu’il se moquait certainement d’elle.

 Sur les conseils d’une amie, elle alla voir un psychanalyste renommé. Il l’écouta patiemment et, à la fin de son histoire, il lui dit posément.

-          Je ne peux rien pour vous, désolé.

Excédée par sa réponse, elle s’entendit lui riposter avec une aisance désarmante.

-          You’re a fucking ass hole* !

A partir de ce jour-là, elle ne s’exprima plus qu’en anglais et rien ne put la faire changer de langue. Son mari, qui ne comprenait ni ne parlait l’anglais, la quitta ; et son patron, dont l’entreprise exportait essentiellement vers l’Europe du Sud, la licencia. Ce départ et ce licenciement ne semblèrent pas l’affecter outre mesure, c’était comme si on la débarrassait de vêtements trop étroits.

Un mois plus tard, elle partait pour New York avec pour tout bagage, un minuscule sac à main…

 

* Vous êtes un foutu connard ( traduction approximative )