Avant-hier, on attendait devant le théâtre pour voir une compagnie régionale quand Martine est arrivée, souriante et détendue. La vache,  qu’est-ce qu’elle a grossi Martine ! Enfin, ça, je l’ai gardé pour moi, forcément. Elle nous a parlé de son opération des genoux – les deux, parce qu’elle ne fait jamais les choses à moitié Martine.

Elle appréhendait sa visite chez le chirurgien ; elle croyait qu’il allait lui parler de sa « surcharge pondérale », mais en fait non, il ne lui en a même pas touché un mot. Je me demande bien pourquoi, parce que ça saute aux yeux qu’elle est grosse Martine.

En tout cas, Martine, elle était très contente de son chirurgien : gentil, prévenant, le gendre idéal. Et psychologue en plus, parce que c’est bien le seul à avoir compris que le simple fait de parler de régimes, ça la faisait grossir.

De retour du théâtre, mon mari m’a dit sur le ton de la confidence : « Eh bien moi, j’aimerais pas être les genoux de Martine, qu’est-ce qu’ils doivent morfler ! ».