Son professeur lui avait demandé d’écrire un conte en espagnol mais ni l’inspiration, ni le niveau de langue – pourtant elle en était à sa cinquième année d’espagnol -  n’étaient au rendez-vous. Elle a opté pour le copier-coller et, comme Cendrillon était son héroïne, elle a  tapé « Cenicienta* conte » dans google. Une série de réponses lui ont été données. Elle ne s’est pas donné la peine de faire le tri et la première a fait l’affaire.

Une semaine plus tard, lors du rendu des copies, le professeur l’a assassinée.

-          Des copies très inégales mais une a retenu mon attention, celle dont l’auteur s’essaie au conte pornographique.

Rires  au fond de la classe.

-          Eh oui, le copier-coller c’est sympa mais il faut peut-être essayer de comprendre avant de recopier. N’est-ce pas Leila ?

Leila, abasourdie dans un premier temps,  n’a eu pour seule défense que de répéter en boucle qu’elle n’avait pas copié.

-          Ah bon, pas copié ? Mais quand même, ne me dis pas que c’est toi qui as choisi de dire en espagnol que le prince a « baisé » la princesse et que la princesse « a joui » ?

Rire général dans la classe et Leila est devenue écarlate.

-          Tu auras zéro Leila, ce n’est pas google que je veux noter mais toi.  Et il y aura  peut-être même une colle. A moins que je ne te fasse traduire le conte en respectant le niveau de langue !

Quelques gloussements retentirent dans la classe, puis le cours a  suivi son cours habituel, entre ennui et bavardages plus ou moins discrets…

 *Cenicienta : Cendrillon en espagnol