Les trois quarts ne sont pas venus à cause de la neige sur les trottoirs. Les pauvres choux, c’est vrai, c’est dur de marcher une demi-heure sur des trottoirs mal dégagés, et tout ça  pour quoi ? Pour avoir un cours inintéressant qui les fait bâiller aux corneilles  alors qu’ils peuvent rester dans leur lit douillet, sous leur couette, et consulter leur portable en envoyant des SMS – T où ?  -  sans être embêté par un prof qui ose leur demander de travailler et d’éteindre leur portable. Les parents ont bien raison de bichonner leurs chéris et de les garder dans le cocon de la maison.

Le problème c’est que, quel que soit le temps, l’envie de travailler est rarement au rendez-vous chez un certain nombre de ces charmants adolescents. Le travail –  dont l’étymologie n’est plus à rappeler -  est un mot que l’on devrait proscrire à l’école. Pourquoi ne pas le remplacer par « activité » ou « exercice » ou « jeu », afin d’éviter que les élèves – ceux que l’on doit élever, donc, mais dont l’élévation demande parfois l’intervention d’un chariot élévateur vu le poids de leur inertie – ne voient plus le professeur comme un impitoyable toréador, prêt à fondre sur eux armé de son stylo-banderille, à chaque relâchement dans leurs apprentissages.  

Non, vraiment, l'école ce n’est pas une vie, c’est un système carcéral qui broie ces jeunes pousses et ne leur donne qu’une envie : sécher les cours à la première occasion !