Marie lui avait dit de lire ab-so-lu-mentl'or et le noir ”, un livre incontournable. Et elle s'était exécutée. Marie avait un goût très sûr en matière de littérature, mais un goût qui n'était pas forcément le sien.

Un mois plus tard, Marie lui demandait.

- Alors, il t'a plu ?

Elle ne répondit rien. Comment dire à Marie que " l'or et le noir " lui avait paru imbuvable et qu'elle l'avait d'ailleurs fermé à la dixième  page ? Marie enchaîna.

- Je savais bien que ce livre te laisserait sans voix. Si tu ne l'avais pas aimé, ça m'aurait déçue. J'étais certaine qu'il allait te plaire. On a toujours eu les mêmes goûts.

Elle hocha la tête, sans conviction, et s'en voulut presque un peu d’avoir construit leur amitié sur de tels faux semblants...

 

PS : texte écrit dans le cadre des " impromptus littéraires "