Le rideau
Je suis allongée sur le lit, les yeux ouverts, tu es endormi à mes côtés et je ne peux m’empêcher de fixer ce rideau blanc que le vent déplace imperceptiblement. Ce frémissement, c’est celui de mon amour, prêt à s’envoler à la moindre blessure. Et cette ombre projetée sur le mur, n’est-ce pas mon passé qui tend sa griffe pour me voler un présent si ténu ? L’amour est un puzzle dont je n’ai jamais eu toutes les pièces.
Tu reposes tranquillement à mes côtés, tu ne te doutes pas des tourments que mon esprit chagrin remue jour après jour. J’aimerais t’aimer davantage, t’aimer autrement, t’aimer autant que mon désir d’aimer le voudrait, mais je ne peux pas… Je crois t’entendre gémir, je sens que tu vas te réveiller et je te sourirai comme si de rien n’était, je t’embrasserai et je te dirai les petits mensonges que tu veux entendre parce que l’amour ne peut partager les doutes. Voilà, tu vas ouvrir les yeux, me sourire, me tendre les bras, tu sentiras l’herbe qui vient d’être coupée dans les prés… Mais non, je sais bien que tu ne te réveilleras plus, puisque tu es mort.
* photo gentiment prêtée par le blog de treizquatorze.
Commentaires sur Le rideau
- à Patrick, D. Hasselmann, Walrus, Danalyia, Maïté et PastellePatrick : l'amour ne serait-il qu'une illusion ?;.)

D. Hasselmann : oui, un dernier voile pour couvrir le mort.
Walrus : vous avez raison de vous méfier, "elles" sont terribles...
Danalyia : hélas, je crois qu'elle l'a tué.
Maîté: merci, Maîté.
Pastelle : comme je le disais à Danlayia, dans mon idée, elle l'a "un peu" tué.













