A l’école, les enseignants se plaignaient de lui, les parents des autres enfants aussi, et la solution avait été trouvée rapidement : soit on l’excluait, soit on le médicamentait. Les parents avaient choisi les médicaments et il était maintenant sous méthylphénidate ; au moins, on était sûr qu’il arrêterait de bouger. 10 % des parents de la population de ce pays « civilisé » avaient opté pour la même solution. Sans doute les enfants grossissaient-ils – un inoffensif dégât collatéral – mais l’hyperactivité était désormais maîtrisée, ou presque. Des statistiques confidentielles soulignaient que le pourcentage d’enfants traités pour hyperactivité augmentait chaque année et qu’il pourrait dépasser les 20 % dans les cinq années à venir, mais le  ministère de la santé ne semblait pas s’inquiéter. D'ailleurs, ses liens plus qu’incestueux avec les laboratoires pharmaceutiques  laissait présager le pire.

L’enfance était désormais sous contrôle et le pays sous l’anesthésie du « modèle consommatoire ». Dans dix ans, les gouvernants et leurs mentors pourraient passer à l’étape suivante…

PS : texte écrit à partir de cet article « l’hyper action, un phénomène de classe »