30 janvier 2008

Une journée moche

C’est la désolation totale. Tout est gris, brun, le ciel est bas, le froid n’est même pas vif, il n’y a pas de vent qui pique, la nature est en berne, bref, c’est une journée à ne pas mettre un dépressif dehors. Lu dans le journal que le chocolat noir est un antidépresseur. Chic, en plus du plaisir, on pourrait en manger et ceci sans devoir chercher une bonne excuse ? Elle fouille dans son garde-manger, dans ses placards à la recherche de cette gourmandise chocolatée mais sans succès. La saveur promise l’a fait déjà... [Lire la suite]
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30 janvier 2008

La Fantastrophe

J’ai entendu au théâtre des Arts un jeune pianiste brillant, David Greilsammer, qui interprétait, entre autres, une Fantastrophe de Jonathan Keren. J’avoue que je ne me souviens plus du tout de cette Fantastrophe, par contre le mot, lui, est resté… La Fantastrophe observe, selon ce même pianiste, « l’apparition simultanée de la fantaisie et de la catastrophe, du sublime et de l’effroi. »  Fantastrophe ! Quel merveilleux mot-valise ! La vie ne serait-elle pas, à elle seule, une Fantastrophe ? Et, créateurs de l’ombre que nous... [Lire la suite]
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29 janvier 2008

Une femme

« On ne nait pas femme, on le devient »*. Cette phrase lui trotte dans la tête alors qu’elle dévale les escaliers. Sa robe légère danse à chaque marche, ses pieds volent sur la pierre irrégulière et sa main court le long de la balustrade en bois. Comment devient-on femme ? Comment arriver à sentir en soi cette féminité, comment en prendre conscience, comment en arriver à cet état de jouissance qui ne dépendra pas des hormones mais d’un bien-être particulier ? Elle saute la dernière marche et atterrit souplement sur le... [Lire la suite]
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29 janvier 2008

L’homme au chapeau noir

Depuis le lever terne de ce jour tiède et trompeur, des nuages sombres, aux contours mal découpés, rôdaient sur la ville oppressée*.  J’arpentais les rues, l’esprit noir, le corps malade, et je suivais, comme un enfant désœuvré, le contour des motifs étranges qui ornaient les trottoirs de la ville basse. De temps à autre, je regardais les promeneurs dont les pas suivaient les rues qui s’ouvraient sur le Tage. J’imaginais leurs bonheurs mesquins, tenus précieusement dans leur poche, la main plaquée sur le revers, afin que... [Lire la suite]
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28 janvier 2008

Miroir dis-moi comment je vieillis.

Elle caresse son visage, contourne ses yeux avec son index, palpe ses joues, souligne ses sourcils, tapote les poches qu’elle a depuis des années et qui lui donnent un air de fatigue continue. Elle cherche, face au miroir, les ravages du temps, les rides supplémentaires, les sillons qui marquent immanquablement les années qui passent. Ce matin, en montant dans le bus, un homme plus âgé qu’elle, s’est levé et lui a offert son siège. Encore un ! Depuis quelques mois, cela devient courant et cela l’interpelle. Comment... [Lire la suite]
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28 janvier 2008

J’ai envie de dire…

"On n’écrit pas parce qu’on a quelque chose à dire, mais parce qu’on a envie de dire quelque chose". Cioran, ébauche de vertigeOui, c’est bien ça, ai-je autre chose à dire que mon envie de dire qui, de toutes les façons, ne dira parfois rien aux autres si ce n’est à ceux qui auraient pu penser la même chose que moi en le formulant différemment ou, à ceux qui auraient pu avoir envie de le dire mais ne trouvaient pas les mots car toutes les pièces du puzzle n’étaient pas encore en place. J'écris parce que j'ai envie de... [Lire la suite]
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27 janvier 2008

Pour ou contre la réincarnation ?

Je suis contre, résolument ! Vous vous demanderez peut-être pourquoi ? Eh bien parce que je ne souhaiterais à personne de se réincarner en « chien de ma belle-mère » !
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26 janvier 2008

Une recette miracle ?

« Quant les femmes aimeront les hommes »*, lit-elle sur la couverture d’un bouquin qu’elle aperçoit parmi d’autres. Elle s’en saisit, le retourne, en dévore le résumé et alléchée par celui-ci se dirige vers la caisse. Sitôt sortie, elle hume l’air printanier, hésite pour finalement se diriger vers le parc La Fontaine. Elle avise un banc libre près de l’étang, pose son lourd sac à côté d’elle, en sort le livre et le place sur ses genoux. « Est-ce que j’aime les hommes ? se demande-elle. Et quel style d’hommes ? Les ... [Lire la suite]
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26 janvier 2008

Méfiez-vous des mains.

Il avait des mains de brute ; des mains d’assassin. Quand elle s’était assise devant lui, la première fois, elle avait voulu partir mais elle n’avait pas osé ; alors elle avait détourné son regard de ses mains pendant tout son trajet en métro de Châtelet  à Montparnasse. Maintenant il était assis à côté d’elle, dans cette salle de cinéma ; elle l’avait reconnue à ses mains. Pourquoi avait-il choisi de s’asseoir là, alors que le cinéma était presque vide ? Elle aurait dû se déplacer, aller ailleurs, mais elle n’avait pas pu, sans... [Lire la suite]
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25 janvier 2008

Le pouvoir des mots

( dialogue authentique, raconté par une amie) - Allez maman, tu reprendras bien un petit apéritif ?- Non, non je te dis, je  vais être saoule !- Mais maman, je t'ai déjà dit que c’était un apéritif sans alcool !- Peut-être, mais c’est quand même un apéritif ! Cette histoire ne serait-elle pas l’illustration parfaite de l’implacable pouvoir des mots : prendre un "apéritif", pourtant sans alcool, c’est déjà s’enivrer… !
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